crédit universel fait l’objet de réformes majeures qui réduiront l’aide accordée à de nombreuses personnes malades et handicapées à partir d’avril 2026, principalement en diminuant le « complément » lié à la santé pour les nouveaux demandeurs, tout en augmentant légèrement l’allocation standard.
Quels changements pour le crédit universel en 2026 ?
À partir d’avril 2026, le ministère du Travail et des Retraites (DWP) va réduire de manière significative la partie santé versée en plus du crédit universel pour la plupart des nouveaux demandeurs dont la maladie ou le handicap limite leur capacité à travailler. Cette réforme s’inscrit dans le cadre d’un ensemble de mesures plus larges visant à remodeler les prestations de maladie et d’invalidité et à encourager davantage de personnes à travailler.
Dans le système actuel, les personnes jugées « à capacité limitée pour le travail et les activités liées au travail » (LCWRA) reçoivent un supplément mensuel important. Ce montant LCWRA est remplacé, pour les nouveaux cas, par un taux « UC santé » moins élevé.
De combien le crédit universel sera-t-il réduit à partir d’avril 2026 ?
Les barèmes gouvernementaux pour 2026/27 montrent que le montant LCWRA/UC santé pour les nouveaux demandeurs passera de 423,27 £ par mois à 217,26 £ par mois, ce qui revient pratiquement à diviser par deux le complément.
En termes hebdomadaires, les documents officiels et les analyses qui les accompagnent décrivent cette réduction comme passant d’environ 97 £ par semaine à environ 50 £ par semaine pour les nouvelles demandes liées à la santé.
En même temps, l’allocation standard de base du crédit universel va légèrement augmenter, passant par exemple de 400,14 £ à 417,53 £ par mois pour un adulte seul de plus de 25 ans. Cette augmentation, d’environ 17 £ par mois, est bien inférieure à la perte d’environ 206 £ par mois de la partie santé pour les personnes concernées.
Par exemple : un nouveau demandeur en 2025/26 souffrant de graves problèmes de santé pourrait recevoir environ 92 £ d’allocation de base UC plus 97 £ de complément par semaine, mais un demandeur similaire commençant après avril 2026 verrait le complément tomber à environ 50 £, ce qui lui ferait perdre plus de 40 £ par semaine.
Qui sera touché par ces changements dans le crédit universel ?
Les réductions touchent principalement les personnes qui tombent malades ou deviennent handicapées à l’avenir et qui demandent ensuite le crédit universel, plutôt que celles qui bénéficient déjà d’un montant plus élevé lié à la santé. Les demandeurs actuels qui reçoivent déjà le LCWRA ou la partie santé de l’UC devraient voir ce montant gelé en termes monétaires, plutôt que réduit, jusqu’à la fin de la décennie.
Une analyse parlementaire montre qu’à partir d’avril prochain, environ 50 000 personnes qui développeront une nouvelle maladie ou deviendront handicapées, ainsi que les membres de leur famille, devraient se retrouver dans la pauvreté d’ici 2030 à cause de la réduction de l’aide à la santé.
Les associations caritatives préviennent que les jeunes adultes handicapés et ceux qui ne travaillent pas, ne suivent pas d’études ou de formation (souvent appelés NEET) sont particulièrement touchés par les changements récents et prévus dans l’aide liée au handicap.
Des groupes de réflexion et des organisations de défense des personnes handicapées ont aussi constaté qu’une personne seule incapable de travailler en raison d’un handicap peut déjà perdre environ 2 800 £ par an avec le crédit universel par rapport à l’ancien système de prestations, et que de nouvelles réductions des éléments liés à la santé aggraveront ces pertes.
Pourquoi ce changement dans le crédit universel ?
Les ministres disent que le système actuel crée des « incitations perverses » en payant un taux beaucoup plus élevé aux gens classés comme ayant une capacité de travail limitée, ce qui peut les décourager de chercher du boulot ou d’augmenter leurs heures de travail. La réforme vise à « rééquilibrer » l’aide en réduisant le complément lié à la santé et en augmentant à la place l’allocation standard pour tout le monde au fil du temps.
Le gouvernement présente ces changements comme faisant partie d’une initiative plus large de « retour au travail » visant à stimuler l’emploi et à s’attaquer à ce qu’il qualifie de système défaillant de prestations de maladie et d’invalidité. Les dépenses liées aux prestations d’invalidité ont fortement augmenté depuis la pandémie, et les ministres affirment que la nouvelle structure est conçue pour être financièrement viable tout en continuant à aider les plus démunis.
Les députés des commissions multipartites et les groupes de lutte contre la pauvreté ont prévenu que, malgré quelques concessions sur le projet de loi plus large de réforme du crédit universel et du PIP, la réduction de la prime de santé du crédit universel va quand même aggraver la situation de milliers de personnes et pousser plus de ménages dans la pauvreté.