Un bâtiment autrefois qualifié de « plus laid de Grande-Bretagne » est désormais officiellement reconnu comme l’un des plus importants du pays.
Le Southbank Centre a été classé monument historique de catégorie II*.
Le Southbank Centre, vaste complexe artistique d’après-guerre situé à Londres, a été classé Grade II* par le ministère de la Culture, des Médias et des Sports, marquant ainsi la fin d’une campagne de 35 ans visant à garantir sa protection.
Cette décision garantit la préservation future des éléments clés du site, notamment le Queen Elizabeth Hall, la Purcell Room, la Hayward Gallery et les passerelles et terrasses caractéristiques du centre.
Toute modification future sera désormais soumise à la supervision des organismes chargés du patrimoine afin de préserver l’intégrité de la conception originale. Le Royal Festival Hall, qui est plus ancien que le reste du complexe, est classé Grade I depuis 1988.
Célèbre pour avoir été élu « bâtiment le plus laid de Grande-Bretagne ».

Le Southbank Centre a été conçu par une jeune équipe dirigée par l’architecte Norman Engleback et a ouvert ses portes en octobre 1967. À son inauguration, le complexe a été critiqué par certains médias et a été élu « bâtiment le plus laid de Grande-Bretagne » par les lecteurs du Daily Mail.
Mais avec le temps, il a fini par être reconnu comme l’un des exemples les plus marquants du brutalisme britannique, un style architectural connu pour ses formes en béton brut et son ambition civique.
Catherine Croft, directrice de la Twentieth Century Society, qui a mené la campagne pour le classement du bâtiment, a salué cette décision comme une victoire historique. « On est super contents que ce chef-d’œuvre international de l’architecture d’après-guerre en béton soit enfin reconnu comme faisant partie de notre patrimoine national », a-t-elle dit. « Ça a été notre campagne la plus longue, donc c’est génial qu’il soit reconnu comme le bâtiment vraiment important qu’il est. »
Le Southbank Centre classé Grade II* après 35 ans de campagne

Historic England et la Twentieth Century Society avaient déjà soumis six recommandations depuis 1991, demandant aux ministres de protéger tout le site. La décision finale a été approuvée par la ministre du Patrimoine, la baronne Twycross, après une nouvelle collaboration entre les organismes de préservation.
Un porte-parole du Southbank Centre s’est réjoui de cette reconnaissance : « Le classement Grade II souligne l’importance architecturale et civique du Queen Elizabeth Hall et de la Hayward Gallery. Il met en évidence la nécessité d’un investissement public dans nos bâtiments, qui appartiennent tous à l’État. Nous sommes impatients de travailler avec le gouvernement pour garantir la pérennité de ces bâtiments. »
Le complexe artistique continue d’être l’un des centres culturels les plus dynamiques de Londres, accueillant des arts visuels, du théâtre, de la danse, de la musique, de la littérature et des débats. À l’occasion de son 75e anniversaire, le centre a demandé un investissement de 30 millions de livres sterling pour soutenir des améliorations essentielles de ses infrastructures.
Autrefois critiqué et aujourd’hui célébré, le parcours du Southbank Centre, qui est passé de « verrue » à icône, montre comment la Grande-Bretagne apprécie de plus en plus l’architecture brutaliste et comment le temps peut transformer le béton en patrimoine culturel.